Les Lolo, la perle rare dans la diversité ethnique vietnamienne

Les Lolo, une des 54 ethnies qui composent la riche mosaïque culturelle du Vietnam, fascinent par leur histoire et leurs traditions uniques. Cet article vous invite à découvrir quelques facettes de cette communauté singulière, que vous pourriez croiser lors d’un voyage sur mesure au vietnam.

Les Lolo : une identité aux multiples visages

Officiellement désignés sous le nom de Lolo, ce groupe ethnique a connu au fil du temps diverses appellations : Mun Yi, Man Yi, La La, Qua La, O Man, Lu Loc ou encore Man. Parmi elles, la tribu Yi, implantée dans le sud des hauts plateaux du centre, est l’une des plus connues. Au Vietnam, les Lolo se concentrent principalement dans les districts de Dong Van, Meo Vac (province de Ha Giang), Bao Lac (province de Cao Bang), Muong Khuong (province de Lao Cai) et Lai Chau.

jeunes filles Lolo au Vietnam

Les jeunes filles Lolo, gardiennes d’une culture ancestrale

Selon les derniers recensements, la population Lolo s’élève à 4 541 individus, contre 3 307 en 1999, disséminés en petits groupes à travers les 63 provinces et villes du pays, au gré des opportunités professionnelles et éducatives. Leur économie repose essentiellement sur la culture du maïs et la riziculture de montagne, pratiquées dans un environnement traditionnel organisé en hameaux.

Une langue et une écriture singulières

Les Lolo se répartissent en deux catégories : les Lolo bariolés ou Yi blancs, représentant la classe populaire, et les Lolo noirs ou Yi noirs, constituant la noblesse. Ils possèdent leur propre langue, le Lolo ou Yi, appartenant à la famille tibéto-birmane des langues sino-tibétaines. Par le passé, ils disposaient également d’une écriture hiéroglyphique, aujourd’hui tombée en désuétude. Vers le 14ème siècle, ces hiéroglyphes se composaient de 140 clés permettant une expression riche du sens. Les textes étaient alors gravés sur de fines planches de bois, des peaux d’animaux ou du papier épais et rugueux. Si quelques familles conservent encore ces précieux écrits, rares sont ceux qui peuvent encore les déchiffrer.

rite de la demande de pluie des Lolo au Vietnam

Le rite de la demande de pluie, une tradition ancestrale perpétuée par les Lolo

Des traditions et des croyances façonnées par l’histoire

Monogames, les Lolo adhèrent strictement au régime patriarcal. Leurs coutumes matrimoniales revêtent un caractère presque “commercial”, du fait des lourdes exigences en matière de cadeaux de mariage. Si le fils de la tante paternelle peut épouser la fille de l’oncle maternel, l’inverse n’est pas toléré.

La culture Lolo regorge de trésors immatériels, à l’image de leurs danses, chants et contes uniques. Leur artisanat se démarque par les ornements colorés qui parent leurs vêtements traditionnels, des robes aux tuniques en passant par les turbans. Le calendrier Lolo, composé de seulement 11 mois portant chacun le nom d’un animal, témoigne de leur singularité.

Le tambour de bronze, objet sacré et symbole identitaire

Véritable particularité culturelle, les tambours de bronze constituent un héritage précieux chez les Lolo. Enterrés pour leur conservation et déterrés lors de leur utilisation, ils sont placés sous la responsabilité du chef de chaque lignée. Leur son rythme les funérailles et les danses. Les Lolo figurent parmi les rares ethnies du Vietnam à perpétuer l’usage quotidien de ces instruments, étroitement liés à leur mythe fondateur du déluge.

Selon la légende, lors d’une terrible inondation qui menaçait le pays et ses habitants, Dieu sauva un frère et une soeur en plaçant la jeune fille dans un grand tambour de bronze et son cadet dans un plus petit. Épargnés par les flots, les tambours permirent aux deux jeunes gens de survivre. Après le déluge, ils se réfugièrent dans les montagnes et s’unirent. Ce récit explicite la symbolique mâle-femelle des tambours, reflet du concept de yin et yang. L’harmonie née de leur concert incarne cet équilibre.

tambour bronze des Lolo au Vietnam

Un couple de tambours, métaphore de l’union de l’homme et de la femme

Lors des funérailles, les tambours sont disposés sur des supports aux pieds du défunt, leurs tympans se faisant face. Un musicien célibataire ou marié à une femme non enceinte se tient entre eux et les frappe alternativement d’une seule baguette. Plus qu’un simple instrument, le tambour est investi d’une dimension spirituelle : sa voix guide l’âme des disparus vers leurs ancêtres.

Un syncrétisme religieux original

Outre les rites liés aux tambours de bronze, les Lolo pratiquent une forme d’animisme, intégrant des éléments taoïstes et bouddhistes. Leurs funérailles se distinguent par des coutumes originales, telles que le maquillage, la danse et le combat. La trace de la chasse aux têtes transparaît dans le port d’un sac en toile contenant un bout de bois et une courge sur lesquels est dessiné le visage du défunt.

les lolo Vietnam traditions

Les Lolo du Vietnam, dépositaires d’une histoire et de traditions culturelles d’une grande richesse

Vivant en hameaux montagnards regroupant généralement 20 à 30 habitations par lignée, les Lolo occupent trois types de logements : maisons sur terre, sur pilotis ou hybrides. Leurs vêtements marquent nettement la distinction homme-femme. Les hommes arborent une longue tunique indigo fendue jusqu’aux genoux et un pantalon assorti.

Les femmes Lolo nouent leurs longs cheveux autour de la tête, coiffés d’un turban aux détails décoratifs et franges colorées savamment superposées. Les tenues varient selon les catégories sociales. Autrefois, les Lolo populaires portaient une robe longue à col carré et manches longues. Les Lolo bariolés se distinguent par une chemise à manches larges et queue-de-pie, ornée de motifs clairs au col et aux ourlets. Pantalons et chaussures en toile complètent souvent la tenue.

Ce bref aperçu ne saurait épuiser la richesse de l’ethnie Lolo. Pourtant, ces quelques repères invitent déjà à partir à la rencontre de ce peuple fascinant, pour un voyage sur mesure vietnam placé sous le signe de la découverte et de l’émerveillement.

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