À la rencontre le Quang Gánh, un outil magique qui porte l’âme vietnamienne

Lors de votre voyage au Vietnam, vous avez certainement été témoin d’une scène emblématique : des femmes portant une perche de bambou sur leur épaule, avec deux paniers remplis de marchandises diverses suspendus à chaque extrémité. Cet objet ancestral, appelé “Quang Gánh” en vietnamien, est bien plus qu’un simple outil de transport. Il incarne l’âme même du Vietnam, témoignant de l’ingéniosité, de la résilience et de l’ardeur au travail de son peuple.

L’emblématique Quang Gánh, reflet de l’ingéniosité vietnamienne

Le “Quang Gánh” est profondément ancré dans la culture vietnamienne, intimement lié à l’image de la femme vietnamienne laborieuse et dévouée. Son origine exacte reste mystérieuse, se perdant dans les méandres du temps, mais il est indéniablement le fruit de l’inventivité des habitants de ce pays où le bambou règne en maître. Face aux défis du labeur quotidien, dépourvus d’outils sophistiqués, les agriculteurs vietnamiens ont su faire preuve de créativité pour optimiser leur travail. Le “Quang Gánh” est l’une de ces innovations remarquables, permettant de transporter aisément de plus grandes quantités de marchandises.

Le Quang Gánh (joug en bambou)

Le Quang Gánh (joug en bambou) est un élément indissociable du patrimoine vietnamien depuis des temps immémoriaux

La fabrication d’un “Quang Gánh” est un art subtil, alliant savoir-faire ancestral et patience. Chaque ensemble se compose d’un poteau en bambou, appelé “Đòn Gánh“, de deux cadres en bambou, rotin ou même fils d’acier, et de deux paniers (thúng) pouvant être confectionnés dans divers matériaux. La sélection du bambou est cruciale : seuls les spécimens les plus âgés, exempts d’insectes et dotés de nœuds réguliers, sont retenus. Un long processus de préparation s’ensuit, impliquant trempage, séchage et fumage, afin de renforcer la résistance du matériau et de le protéger des termites. Chaque canne est ensuite fendue, façonnée et pliée avec précision pour donner naissance au poteau d’épaule.

Les Vietnamiens accordent une grande importance au nombre de nœuds et à la rectitude du poteau. Un nombre pair de nœuds ou une courbure excessive sont considérés comme des signes de malchance, tant pour le commerce que pour le porteur lui-même. Ces croyances témoignent de l’étroite connexion entre cet outil et les superstitions populaires qui rythment la vie quotidienne.

Une vendeuse de rue

Une vendeuse de rue proposant des repas grâce à son “Quang Gánh”

Le choix du bambou comme matériau de prédilection pour le “Quang Gánh” n’est pas anodin. Autrefois abondant au Vietnam, il présente des propriétés uniques de durabilité, flexibilité, élasticité, robustesse et légèreté. Ces caractéristiques en font le matériau idéal pour supporter de lourdes charges tout en offrant un certain confort au porteur. Une étude publiée en janvier 2020 a d’ailleurs révélé que l’utilisation de poteaux en bambou permettait d’économiser jusqu’à 20% d’énergie par rapport à des matériaux plus rigides.

Une vieille vendeuse de rue et son joug

Une vieille vendeuse de rue et son précieux compagnon, le “Quang Gánh”

Maîtriser l’art du “Quang Gánh” requiert patience et dextérité. Si son utilisation peut sembler intuitive au premier abord, elle nécessite en réalité un apprentissage rigoureux. De la démarche à l’équilibrage des charges, en passant par le positionnement précis du poteau sur l’épaule, chaque geste compte pour assurer une répartition optimale du poids et faciliter les déplacements. Seule une pratique assidue permet d’atteindre la virtuosité des porteurs expérimentés.

Le Quang Gánh, un incontournable de la culture vietnamienne

Omniprésent dans les rues vietnamiennes, le “Quang Gánh” est indissociable de l’image des vendeurs ambulants proposant une multitude de produits : fruits, confiseries, riz gluant (cốm), soupes de nouilles ou encore bouillies. Mais son utilité ne se limite pas à ce seul domaine. Véritable couteau suisse de la vie quotidienne, il trouve sa place dans l’agriculture et bien d’autres secteurs, dès lors que les charges sont correctement équilibrées.

Une femme transporte tous ses biens sur le Quang Gánh

Une femme transporte tous ses biens sur le “Quang Gánh”, témoin de sa polyvalence

Des femmes transportent de l'eau à l'aide du Quang Gánh

Des femmes utilisent le “Quang Gánh” pour transporter de l’eau depuis un étang

Le Quang Gánh dans la vie agricole

Le “Quang Gánh”, un allié précieux dans les travaux agricoles

Aujourd’hui, le “Quang Gánh” revêt également une dimension décorative et culturelle. Dans de nombreux restaurants vietnamiens, des versions miniatures servent à présenter les mets traditionnels, rendant hommage à cet emblème national. Plus qu’un simple outil, il est devenu le réceptacle des souvenirs et de l’enfance de générations de Vietnamiens, incarnant l’essence même de leur culture.

Des Quang Gánh dans un restaurant vietnamien

Des “Quang Gánh” utilisés comme éléments décoratifs dans un restaurant vietnamien

Malgré la modernisation et l’apparition de nouveaux moyens de transport, le “Quang Gánh” demeure omniprésent dans les rues vietnamiennes, témoin intemporel de la beauté rustique du labeur quotidien. Gardien de l’âme et des traditions du Vietnam, il poursuit inlassablement sa mission, transmettant l’héritage culturel de ce pays fascinant aux générations futures.

Le Quang Gánh dans la vie quotidienne

Et vous, avez-vous déjà eu l’occasion de porter le “Quang Gánh” lors de votre voyage sur mesure au vietnam ?

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