Le ao dai vietnamien, le charme éternel

Le « ao dai », bien plus qu’une simple tenue traditionnelle mettant en valeur la grâce féminine vietnamienne, est devenu un véritable symbole de la culture nationale. Associé au « non la », le chapeau conique, ce duo intemporel ne cesse d’inspirer poètes et artistes. Les femmes et les jeunes filles, quel que soit leur âge, attendent avec impatience chaque occasion de les porter, témoignant de l’attachement profond que leur voue la moitié de la population. Leur renommée dépasse même les frontières, tout comme la fascination qu’ils suscitent chez les amoureux du Vietnam à travers le monde.

Le ao dai vietnamien, toute une histoire

Bien que son nom signifie « robe longue », le « ao dai » se compose d’une tunique ajustée à manches longues, dotée d’un col Mao, et d’un pantalon ample. Confectionnés généralement en soie, ces deux éléments tombent jusqu’aux chevilles, sublimant la silhouette délicate des Vietnamiennes qui les portent toujours avec des chaussures à talons. Contrairement à la complexité insoupçonnée du kimono japonais ou du hanbok coréen, le « ao dai » se distingue par une élégance particulière alliée à une simplicité qui le rend prisé non seulement lors d’occasions spéciales, mais aussi au quotidien.

Autrefois porté par les hommes comme par les femmes, le « ao dai » est devenu, au fil des décennies, l’emblème de la délicatesse et de l’élégance féminine. Outre les modèles destinés aux mariages, aux cérémonies officielles ou aux remises de diplômes, on trouve des « ao dai » de différentes couleurs et motifs, portés au travail, au lycée ou à l’université. Cet attachement indéfectible s’explique par l’histoire riche et les évolutions considérables qu’a connues cette tenue vietnamienne traditionnelle au fil des siècles, influencée par des facteurs culturels, historiques et esthétiques, avant d’atteindre sa forme actuelle, empreinte de charme.

ao dai vietnamien original

La tunique « giao lanh », l’original du « ao dai »

Lors des concours de beauté et de talent, tant au niveau national qu’international, les victoires vietnamiennes sont chaleureusement saluées, mettant en lumière l’identité du pays à travers le « ao dai ». Bien que l’origine exacte de son apparition reste incertaine, certains évoquent sa présence sur des vestiges millénaires tels que le tambour en bronze Ngoc Lu ou la jarre en bronze Dao Thinh.

tenue vietnamienne ao dai saigon

Les femmes de Saigon pendant les années 50 – 60

D’un point de vue plus réaliste, l’ancêtre du « ao dai » serait la tunique « giao lanh », qui a ensuite donné naissance à la tunique « tu than » à quatre tissus. Voici un aperçu concis de son évolution historique :

Tunique « giao lanh » – tunique « tu than » (quatre tissus) au 17ème siècle – tunique « ngu than » (cinq tissus) au 19ème siècle – tunique « Le Mur » en 1939 – tuniques contemporaines et modernes.

La tunique « giao lanh », caractérisée par ses quatre longs tissus, était portée avec une robe noire tout aussi longue. Au fil du temps, elle a subi des modifications pour laisser place à la tunique « tu than », dont les tissus plus courts étaient mieux adaptés aux travaux des champs. C’est sous la dynastie du roi Gia Long (1802-1819) qu’est apparue la tunique vietnamienne à cinq tissus, devenue l’habit distinctif des familles royales et mandarines, symbole de noblesse.

tenue vietnamienne ao dai hue

Une jeune femme en « ao dai » violet, couleur emblématique de Hue

La première version contemporaine du « ao dai » est née de la révolution lancée par l’artiste Cat Tuong (Le Mur) en 1939. Des innovations sans précédent ont été apportées pour créer une tenue dynamique alliant styles occidentaux et orientaux. Ce « ao dai » modernisé et indéniablement plus séduisant a mis en valeur l’élégance irrésistible et la beauté douce des femmes vietnamiennes.

Il est fort probable que notre tunique traditionnelle continue d’évoluer dans les années et les décennies à venir, s’adaptant aux tendances de chaque époque. Quoi qu’il en soit, ce vêtement unique restera à jamais ancré au plus profond de l’âme des Vietnamiens, qu’ils vivent au pays ou aux quatre coins du monde, en tant que quintessence de la culture nationale.

tunique vietnamienne ao dai mariage

Le ao dai du mariage en style traditionnel

Le chapeau conique, compagnon par excellence du ao dai

Qui porte le « ao dai » se procure également un « non la », le chapeau conique, un autre trésor inestimable des Vietnamiens d’antan. Son rôle ne se limite pas à rafraîchir les jours étouffants : apparu probablement il y a 2000 à 3000 ans, le « non la » nous accompagne dans diverses situations, que ce soit dans les champs, au marché ou lors des festivités.

L’alliance du « non la » et du « ao dai » souligne avec brio le charme incomparable de celle qui les porte, qu’elle soit vietnamienne ou non. Il n’est pas rare de voir de nombreuses voyageuses et diplomates chercher à essayer au moins une fois la robe « ao dai  et le chapeau conique lors de leur passage au Vietnam. Ce duo emblématique constitue l’un des plus beaux souvenirs du pays, suscitant immanquablement un coup de cœur chez nos amis du monde entier.

Curieux d’en savoir plus sur un lieu de confection artisanale de ao dai près de Hanoi ou sur un musée dédié à la robe nationale du Vietnam à Ho Chi Minh – ville ? Ne manquez pas ces articles :

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Du charme indéniable de la femme vietnamienne au raffinement des traditions ancestrales, le ao dài et le chapeau conique incarnent toute l’élégance de la culture locale. Pour admirer ces emblèmes ô combien singuliers lors de votre prochain séjour, pensez à réserver un voyage sur mesure au Vietnam. Une opportunité unique d’apprécier la quintessence du patrimoine vietnamien au fil d’une expérience sur-mesure, inoubliable.