Les 3 traces indélébiles de la présence française au Vietnam

Bien que la présence française au Vietnam n’ait duré qu’environ 80 ans, elle a laissé des traces indélébiles qui sauront éveiller votre curiosité lors de votre prochain voyage dans ce pays fascinant. Parmi ces empreintes, trois se démarquent particulièrement et témoignent de l’influence profonde de la France sur la culture, l’architecture et la gastronomie vietnamiennes.

1. L’architecture coloniale, un héritage majestueux

L’architecture coloniale est sans conteste le vestige le plus remarquable de la présence française au Vietnam. Une fois le pays conquis, les Français ont cherché à affirmer la puissance coloniale à travers des constructions imposantes, reflétant la stabilité du Protectorat et leur volonté d’établir une présence durable. Dès la fin du XIXe siècle, les grandes villes vietnamiennes ont connu un processus d’urbanisation et d’implantation de l’architecture française, d’abord avec le style classique, puis avec l’émergence du style indochinois dans les années 1920, sous l’impulsion de l’architecte Ernest Hébrard. Ce dernier a su marier harmonieusement l’architecture traditionnelle locale et le style occidental, créant ainsi une synthèse unique.

Hanoï, la capitale, abrite certainement le plus beau patrimoine architectural colonial du Vietnam. Une simple promenade dans le vieux quartier suffit pour s’en rendre compte. Le Palais Présidentiel, l’Opéra, l’Hôtel Métropole, la Cathédrale Saint-Joseph et la Banque de l’Indochine arborent fièrement le style classique, tandis que l’Université Nationale, le Ministère des Affaires Étrangères et le Musée National d’Histoire Vietnamienne représentent le style indochinois dans toute sa splendeur.

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Le quartier des ambassades regorge de magnifiques villas coloniales nichées à l’ombre d’arbres centenaires, témoins silencieux d’une époque révolue. Dans le quartier commerçant, surnommé « 36 corporations », les maisons-tubes traditionnelles côtoient les vieilles demeures coloniales patinées par le temps et les bâtiments plus modernes, créant un patchwork architectural fascinant.

L’ancienne Saïgon, aujourd’hui Ho Chi Minh Ville, résolument tournée vers l’avenir, n’en conserve pas moins quelques joyaux architecturaux de l’époque coloniale, tels que la Poste Centrale, la Cathédrale Notre-Dame, l’Hôtel de Ville, l’Opéra ou encore les légendaires Continental et Majestic, véritables vestiges d’un siècle et demi d’architecture française.

Dalat, ancienne station climatique prisée des colons, possède un patrimoine architectural colonial d’une richesse exceptionnelle. De nombreuses villas construites au siècle dernier, inspirées des styles régionaux français, côtoient des bâtiments majestueux tels que la Résidence de Bao Daï, celle du Gouverneur Général, l’Institut Pasteur, l’église Saint-Nicolas, le Couvent des Oiseaux et la Gare de Dalat, réplique miniature de celle de Deauville.


2. Le quốc ngữ, une écriture née de la rencontre des cultures

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Le quốc ngữ, système d’écriture vietnamien actuel, a supplanté les caractères chinois pour devenir l’unique système d’écriture officiel en 1954. Cette transcription phonétique du vietnamien en caractères latins trouve son origine dans les travaux des missionnaires européens du XVIIe siècle, soucieux de faciliter l’évangélisation de la population locale. Le prêtre jésuite français Alexandre de Rhodes, éminent linguiste et missionnaire en Cochinchine et au Tonkin, a longtemps été considéré comme le père du quốc ngữ. Son dictionnaire annamite-portugais-latin a posé les bases de cette « écriture nationale », un alphabet latin enrichi de nombreux diacritiques permettant de noter la valeur phonétique des lettres et les tons de la langue. La famille impériale vietnamienne, désireuse de s’affranchir de la tutelle chinoise et des caractères traditionnels, a encouragé l’adoption du quốc ngữ, symbole d’indépendance et de modernité.

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Pour le voyageur, le quốc ngữ offre une écriture plus accessible que celle des pays voisins, issue du sanskrit. Il est intéressant de noter que la langue vietnamienne, fruit de la colonisation française, a intégré de nombreux mots dérivés du français, témoignant de l’influence linguistique mutuelle entre les deux cultures.


3. Une gastronomie métissée, entre tradition et innovation

Si la cuisine vietnamienne a été profondément influencée par son voisin chinois, elle n’en porte pas moins l’empreinte de la présence française. Les colons ont introduit de nombreux légumes jusqu’alors inconnus, tels que les pommes de terre, les oignons, les carottes, les tomates et les asperges, enrichissant ainsi la palette des saveurs locales. Ils ont également importé la viande de bœuf dans un pays où l’on préférait traditionnellement le poulet et le porc. Peu à peu, la consommation de bœuf s’est généralisée, et le célèbre “phở“, soupe emblématique du Vietnam, a fini par intégrer cette viande dans ses variantes. Quant au “bò kho”, il n’est pas sans rappeler le bœuf bourguignon, témoignant d’un métissage culinaire réussi.

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La culture du café, introduite par les Français, a connu un essor spectaculaire, faisant du Vietnam le deuxième producteur mondial. Omniprésent dans tout le pays, le rituel du café s’est ancré dans la culture vietnamienne, devenant un véritable art de vivre. Les cafés se multiplient, et savourer un petit noir est désormais un geste quotidien pour de nombreux Vietnamiens.

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Autre héritage majeur de la présence française, la baguette, appelée bánh mì, est devenue un incontournable de la cuisine vietnamienne. Fabriquée à base de farine de blé et de riz, elle se déguste garnie d’ingrédients français comme le pâté, la mayonnaise ou la Vache qui Rit, mariés à des saveurs vietnamiennes telles que la coriandre, les légumes marinés et la sauce soja. Un mariage réussi entre deux cultures, à découvrir absolument lors de votre prochain voyage sur mesure au vietnam !