Bun bo Nam Bo : Une exploration des traits distinctifs

Le Bun Bo Nam Bo, une soupe de vermicelles au bœuf emblématique du Sud du Vietnam, est un plat très apprécié et largement consommé dans tout le pays. Ce mets savoureux et équilibré se compose de vermicelles de riz, de bœuf mariné et frit, d’oignons frits croustillants, de pousses de haricot mungo, de légumes crus frais tels que la laitue, la marjolaine, la coriandre et le concombre, d’arachides grillées concassées, et de papaye verte marinée. Le tout est harmonieusement lié par une sauce aigre-douce qui apporte une touche de fraîcheur et de piquant. Cette combinaison de saveurs et de textures en fait un choix idéal tout au long de l’année, particulièrement lors des chaudes journées d’été où sa légèreté et sa fraîcheur sont particulièrement appréciées.

L’origine exacte du Bun Bo Nam Bo fait l’objet de débats passionnés et d’opinions divergentes parmi les amateurs de cuisine vietnamienne. Bien que son nom laisse supposer une provenance méridionale, la croyance la plus répandue est que ce plat a en réalité vu le jour à Hanoï, la capitale du Nord. Selon la légende, c’est dans les années 1980 que Mme Can, propriétaire d’un modeste stand de bun cha (soupe de vermicelles au porc grillé), aurait inventé ce plat par hasard, suite à la demande d’un client souhaitant remplacer le porc par du bœuf.

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Cette substitution fortuite du porc par du bœuf rôti, tout en conservant les autres ingrédients traditionnels du bun cha, a donné naissance à une nouvelle création culinaire qui allait rapidement conquérir les papilles des Hanoïens. Au fil du temps, ce plat initialement baptisé “soupe de vermicelles au bœuf mélangé” a gagné en popularité, devenant un incontournable de la gastronomie locale. C’est finalement en raison de l’emplacement du stand de nouilles de Mme Can, situé sur le trottoir de Dong Loi dans la rue Nam Bo (rebaptisée plus tard rue Le Duan), que le nom de Bun Bo Nam Bo s’est imposé. Cette rue revêt une importance particulière pour les habitants de longue date de Hanoï, car c’est là que se trouve la gare, point de départ historique des trains en direction du Sud.

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Les similarités frappantes entre le bun cha et le Bun Bo Nam Bo, tant dans leur mode de consommation que dans leurs saveurs, renforcent la théorie d’une origine nordique de ce dernier. Le cadre de dégustation de type bar, la simplicité des ingrédients utilisés et la sauce modérément sucrée correspondent parfaitement aux préférences gustatives des habitants du Nord. Au fil des années, des variations du plat ont émergé, comme l’utilisation de bœuf sauté à l’ail plutôt que grillé, l’ajout de pousses de haricot mungo, le remplacement de la papaye marinée par du concombre haché ou encore l’incorporation de carottes râpées pour apporter une touche de couleur et de croquant supplémentaire.

Cependant, certains défenseurs d’une origine sudiste du Bun Bo Nam Bo avancent l’hypothèse que le plat aurait pu être adapté par Mme Can pour correspondre aux goûts du Nord, ou qu’elle aurait pu apprendre les techniques culinaires auprès de personnes originaires du Sud. Il est vrai que la soupe de vermicelles au bœuf du Sud présente des points communs avec la soupe de vermicelles au bœuf frit de style occidental, où le porc est généralement utilisé, bien que certains endroits optent pour du bœuf sauté, à l’instar du Bun Bo Nam Bo. Les autres ingrédients, tels que les vermicelles frais, les cornichons, les carottes râpées, les légumes crus et les arachides pilées, sont également similaires. La principale différence réside dans la préparation des nouilles de riz frites à l’occidentale, souvent sautées avec du bœuf, de la citronnelle, du piment et des oignons. Ce plat est d’ailleurs régulièrement préparé à la maison par de nombreuses femmes au foyer, en plus d’être savouré au restaurant.

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Quelle que soit son origine exacte, une chose est sûre : pour obtenir une tasse savoureuse de vermicelles au bœuf Nam Bo, il est essentiel de trouver le parfait équilibre entre les saveurs et les textures de chaque composant. Le bœuf mariné doit être juteux et savoureux, saisi à la perfection sans être trop frit pour ne pas devenir dur. Les vermicelles doivent être fins et tendres, les pousses de haricot croquantes, et les légumes crus, tels que la laitue, la marjolaine, la coriandre et le concombre, d’une fraîcheur irréprochable. Enfin, les arachides grillées apportent une touche de croustillant et de saveur torréfiée, sans pour autant être brûlées. C’est dans cette symphonie de saveurs et de textures que réside tout le secret d’un Bun Bo Nam Bo réussi, véritable hymne à la richesse et à la diversité de la cuisine vietnamienne.

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