Abécédaire de la culture du Vietnam, de M à O

Découvrons ensemble les lettres M, N et O de la culture vietnamienne.

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M comme marché

culture Vietnam marché flottant

Les marchés sont une véritable institution au Vietnam, reflétant la richesse et la diversité de la culture locale. Que vous explorez les ruelles animées d’une ville trépidante, les paysages bucoliques de la campagne ou les eaux paisibles du delta du Mékong, vous serez immanquablement attiré par ces lieux de vie grouillants d’activité. Les marchés vietnamiens offrent une expérience sensorielle unique, mêlant couleurs vives, odeurs alléchantes et bruissement des conversations. Fruits et légumes frais, épices exotiques, étoffes chatoyantes et artisanat local s’y côtoient dans un joyeux capharnaüm. Les marchés ethniques des montagnes, hauts en couleur, permettent quant à eux de s’immerger dans les traditions ancestrales des minorités. Prendre le temps de flâner dans un marché, c’est s’offrir une fenêtre sur l’âme authentique du Vietnam.

M comme Mékong

culture Vietnam delta Mékong

Véritable artère vitale de l’Asie du Sud-Est, le majestueux Mékong achève son périple de près de 5000 kilomètres en se jetant dans la mer de Chine méridionale, non sans avoir généreusement irrigué le sud du Vietnam. Le delta du Mékong, vaste plaine alluviale façonnée par les méandres du fleuve, s’étend tel un océan de verdure à perte de vue. Cette région d’une fertilité exceptionnelle est le grenier à riz du pays, mais aussi un enchevêtrement de bras d’eau, de canaux et d’arroyos bruissant de vie. Au fil de l’eau se succèdent paysages bucoliques, vergers luxuriants, rizières chatoyantes et villages traditionnels où le temps semble s’être arrêté. Partir à la découverte du delta du Mékong, c’est s’immerger dans un univers paisible rythmé par le labeur des paysans et la quiétude de la vie fluviale, loin de l’effervescence des grandes cités.

M comme Marguerite Duras

culture Vietnam maison Marguerite Duras

Le delta du Mékong est indissociable de Marguerite Duras, romancière française qui y passa une partie de son enfance. Sa ville natale de Sadec, où sa mère était institutrice, a gardé l’empreinte de cette époque révolue. Lors d’une croisière sur le Mékong, une escale dans cette bourgade provinciale permet de visiter la demeure où vécut le premier amour de l’écrivaine, évoqué dans son roman semi-autobiographique “L’Amant”. Les lieux semblent figés dans le temps, imprégnés d’une atmosphère empreinte de nostalgie et de sensualité, à l’image des mots de Duras. Déambuler dans les venelles ombragées de Sadec, c’est marcher dans les pas de la jeune Marguerite et s’imprégner de cette Indochine coloniale qui a tant marqué son œuvre. Une parenthèse littéraire hors du temps, au cœur de la moiteur tropicale du delta.

M comme mam tôm

Le mam tôm, ou pâte de crevettes fermentées, est un condiment incontournable de la cuisine vietnamienne, reconnaissable entre tous à son arôme puissant et entêtant. Elaboré à partir de crevettes marinées dans du sel, il se présente sous la forme d’une purée épaisse, à la couleur rosée caractéristique. Son odeur très prononcée peut dérouter les néophytes, mais sa saveur umami incomparable rehausse à merveille de nombreux plats. Utilisé avec parcimonie, le mam tôm apporte une dimension supplémentaire aux soupes, sautés de légumes, rouleaux de printemps et autres préparations. Véritable exhausteur de goût, il est l’un des piliers de l’équilibre gustatif de la gastronomie vietnamienne, au même titre que la sauce de poisson (nuoc mam) ou la pâte de soja fermentée. Goûter au mam tôm, c’est faire l’expérience d’une saveur authentique et terriblement addictive, reflet du savoir-faire culinaire ancestral du Vietnam.

M comme montagne

culture Vietnam montagne

Loin des plaines et deltas qui ont fait sa renommée, le Vietnam révèle un tout autre visage dans ses régions montagneuses, qui couvrent les deux tiers du territoire. Au nord-ouest, les paysages alpins du Fansipan et de la cordillère Hoang Lien Son offrent un contraste saisissant avec les pitons karstiques déchiquetés de la baie d’Ha Long terrestre. Plus au sud, la cordillère Truong Son dessine l’épine dorsale du pays, du mythique col des Nuages jusqu’aux hauts plateaux de Dalat. Ces montagnes escarpées abritent une mosaïque de peuples montagnards aux traditions séculaires et des merveilles naturelles insoupçonnées : forêts primaires bruissantes de vie, cascades cristallines et rizières en terrasses ciselant les versants. Explorer les montagnes vietnamiennes, c’est partir à la rencontre de minorités ethniques fières de leur identité, découvrir une nature à l’état brut et goûter à des panoramas à couper le souffle, bien loin de l’effervescence des villes.

N comme Nha Trang

culture Vietnam Nha Trang

Nha Trang, station balnéaire prisée du centre du Vietnam, séduit par ses longues plages de sable blond, ses eaux turquoise et sa douceur de vivre typiquement sud-vietnamienne. Mais au-delà des apparences, la ville recèle un joyau architectural méconnu : les tours Cham de Po Nagar. Edifié en 781, ce sanctuaire hindouiste est l’un des vestiges les mieux préservés de la brillante civilisation Cham, qui rayonna sur la région pendant près d’un millénaire. Par ailleurs, Nha Trang fut le lieu de vie et de travail d’Alexandre Yersin, médecin et explorateur franco-suisse. Pionnier de la recherche bactériologique, il fonda l’Institut Pasteur de Nha Trang et contribua grandement à l’amélioration des conditions sanitaires dans la région. Découvrir Nha Trang, c’est ainsi plonger dans l’histoire fascinante des Cham et sur les traces d’un scientifique visionnaire, tout en profitant des charmes d’une destination balnéaire de rêve.

N comme nôn la

culture Vietnam nôn la

Coiffe emblématique du Vietnam, le nôn la, ou chapeau conique, est bien plus qu’un simple accessoire : c’est un véritable symbole culturel, profondément ancré dans le quotidien des Vietnamiens. Confectionné à partir de matériaux naturels comme les feuilles de latanier et le bambou, il incarne un artisanat ancestral respectueux de l’environnement. Le nôn la est le compagnon indispensable des paysans dans les rizières, des vendeuses au marché et des écoliers sur le chemin de l’école. Avec sa forme caractéristique et sa légèreté, il offre une protection bienvenue contre le soleil brûlant et les averses soudaines. Mais au-delà de son aspect pratique, le nôn la est porteur d’une dimension poétique : sous son cône de paille se dessine en filigrane toute la grâce et la résilience du peuple vietnamien. Assister à la fabrication artisanale de ces chapeaux coniques, c’est entrevoir toute l’âme du Vietnam à travers un objet en apparence ordinaire, mais profondément évocateur.

N comme nem

culture Vietnam le nem

Fleuron de la gastronomie vietnamienne, le nem, ou rouleau impérial, est un incontournable des repas de fête et du quotidien. Elaborés à partir d’une fine galette de riz garnie d’une farce savoureuse à base de porc, crustacés ou poulet et de légumes, les nems sont roulés minutieusement avant d’être frits jusqu’à obtenir une couleur dorée appétissante. Le secret de leur succès réside dans le contraste irrésistible entre leur enveloppe croustillante et leur cœur fondant, qui révèle en bouche un mariage de saveurs et de textures unique. Traditionnellement dégustés à Hué lors des banquets impériaux, les nems ont depuis conquis les palais des gourmets du monde entier. L’art de rouler les nems à la perfection se transmet de génération en génération, chaque famille ayant sa propre recette jalousement gardée. Croquer dans un nem tout juste frit, c’est faire l’expérience d’une explosion de saveurs authentiques, reflet de la générosité et du raffinement de la cuisine vietnamienne.

N comme nuoc mam

culture Vietnam nuoc mam

Véritable pilier de la cuisine vietnamienne, le nuoc mam, ou sauce de poisson, est un condiment incontournable qui accompagne la plupart des plats vietnamiens. Obtenu par fermentation de poissons dans une saumure, il se décline en une infinité de nuances gustatives selon les régions et les producteurs. Sa saveur umami incomparable relève avec bonheur les soupes, les sautés, les nems et les rouleaux de printemps, leur conférant une dimension supplémentaire. Omniprésent dans les cuisines vietnamiennes, le nuoc mam est bien plus qu’un simple assaisonnement : c’est un véritable patrimoine culinaire, fruit d’un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération. Chaque famille a sa recette fétiche, jalousement gardée, et les variations autour de cet élixir sont infinies. La réputation des nuoc mam de Phu Quoc ou de Phan Thiet a depuis longtemps dépassé les frontières du Vietnam, les connaisseurs du monde entier s’arrachant ces nectars aux arômes envoûtants. Pousser la porte d’une fabrique artisanale de nuoc mam, c’est partir à la découverte d’un pan essentiel de la culture culinaire vietnamienne et percer le secret de la « mère des saveurs », capable de transcender le plat le plus humble en une symphonie gustative inoubliable.

N comme Nguyen

Très répandu au Vietnam, le patronyme Nguyen est porté par près de 40% de la population, ce qui en fait le nom de famille le plus courant du pays. Cette prédominance trouve son origine dans la dernière dynastie impériale vietnamienne, les Nguyen, qui régna de 1802 à 1945. Sous leur règne, il était d’usage d’accorder le nom de la famille royale à tous ceux qui entraient à son service, que ce soit à la cour, dans l’administration ou dans l’armée. Parallèlement, de nombreux Vietnamiens choisirent d’adopter volontairement le patronyme Nguyen en signe de loyauté et de dévotion envers leurs souverains, considérant cet acte comme un honneur et une bénédiction. Cette pratique, associée à la longévité de la dynastie Nguyen et à son influence sur l’ensemble du territoire, contribua à la diffusion massive de ce nom à travers le pays. Aujourd’hui, porter le nom Nguyen est un marqueur identitaire fort, qui transcende les origines géographiques et sociales. Véritable fil rouge de la société vietnamienne, il incarne l’héritage complexe et fascinant d’une nation façonnée par son histoire impériale.

O comme opéra de Hanoi

culture Vietnam opéra de Hanoi

Joyau architectural de la capitale vietnamienne, l’opéra de Hanoi est un témoignage saisissant de l’influence française en Indochine. Achevé en 1911, cet édifice majestueux s’inspire de l’opéra Garnier de Paris, avec sa façade néoclassique ornée de colonnades et de balustrades ouvragées. Mais loin d’être une simple réplique, l’opéra de Hanoi a su s’approprier ce style importé pour en faire une création originale, mariant avec subtilité les codes esthétiques occidentaux et orientaux. Témoin privilégié de l’histoire mouvementée du Vietnam au XXe siècle, l’opéra a vu se jouer en son sein certains des événements les plus marquants de la lutte pour l’indépendance, comme la révolution d’Août 1945. Devenu un symbole de la culture et de l’identité nationales, il a été magnifiquement restauré et accueille aujourd’hui des représentations de grande qualité, de l’opéra traditionnel vietnamien aux grands classiques occidentaux. Assister à un spectacle à l’opéra de Hanoi ou simplement en admirer l’architecture unique, c’est plonger dans un passé tumultueux et découvrir un joyau méconnu du patrimoine vietnamien, à la croisée des influences asiatiques et européennes.

O comme orchidée

culture Vietnam orchidée

Véritable passion nationale, la culture des orchidées est profondément ancrée dans les traditions horticoles vietnamiennes, en particulier dans la région de Hanoi. Considérée comme la reine des fleurs, l’orchidée est un symbole de raffinement, d’harmonie et de beauté éthérée, qui suscite une véritable fascination chez les amateurs éclairés. Le Vietnam abrite plus de 1 000 espèces d’orchidées endémiques, que l’on trouve à l’état sauvage dans les forêts tropicales luxuriantes des régions montagneuses. Certaines d’entre elles sont extrêmement rares et prisées pour leur forme, leur couleur ou leur parfum envoûtant. Les orchidées vietnamiennes se déclinent en une infinie palette de nuances, du blanc immaculé au jaune soleil en passant par le rose tendre et le pourpre profond, offrant un spectacle d’une incroyable diversité. Entretenir une collection d’orchidées est un art de vivre à part entière, qui requiert patience, dévouement et sensibilité. Les passionnés rivalisent d’ingéniosité pour créer les conditions optimales à l’épanouissement de ces joyaux botaniques, recréant dans leurs jardins ou leurs intérieurs un microcosme rappelant leur habitat naturel. Admirer une orchidée vietnamienne en pleine floraison, c’est succomber à la grâce ineffable d’une fleur unique au monde, reflet de la richesse et de la fragilité de la nature.

O comme oc

culture Vietnam Oc

Mets emblématique de la cuisine de rue vietnamienne, les oc, ou escargots, sont un véritable régal pour les papilles et un incontournable de la gastronomie locale. Déclinés en une multitude de préparations, ils font le bonheur des gourmands à toute heure de la journée, du petit-déjeuner jusqu’au dîner. Les oc sont souvent dégustés juste bouillis, agrémentés d’un bouillon parfumé au gingembre, citronnelle et feuilles de citronnier, que l’on relève d’une pincée de piment et d’une touche de sauce de poisson. Leur chair tendre et délicate, à la saveur subtilement iodée, se marie à merveille avec ces aromates qui font chanter les saveurs. Autre recette phare, le bun oc est une soupe de vermicelles de riz généreusement garnie d’escargots, de tomates, de champignons noirs et d’herbes fraîches, le tout dans un bouillon légèrement acidulé qui réveille les papilles. Véritable concentré d’umami, ce plat réconfortant et savoureux est un incontournable de la cuisine de rue hanoienne. Partir à la découverte des oc, c’est s’immerger dans un univers de saveurs authentiques et terriblement addictives, reflet de la créativité et de la générosité de la cuisine populaire vietnamienne.

O comme oriflamme

Omniprésents dans les temples et pagodes du Vietnam, les oriflammes, drapeaux et bannières colorés sont bien plus que de simples éléments décoratifs : ils sont porteurs d’une symbolique riche et complexe, étroitement liée à la spiritualité et aux croyances traditionnelles vietnamiennes. Certains drapeaux arborent fièrement les cinq couleurs fondamentales associées aux cinq éléments de la cosmologie chinoise (métal, bois, eau, feu, terre), principes fondateurs de l’harmonie universelle. D’autres oriflammes sont consacrés à des divinités ou à des génies tutélaires, leurs couleurs et motifs reflétant les attributs et vertus des entités vénérées. Le bouddhisme, si présent dans la vie spirituelle des Vietnamiens, a également ses propres codes couleurs : le bleu, le jaune, le rouge et le blanc, qui rappellent les différents états de conscience et niveaux de réalité. Quant aux oriflammes blancs et noirs, ils sont réservés aux cérémonies funéraires et expriment le deuil et le respect dû aux défunts. Contempler le chatoiement des oriflammes dans la pénombre d’un sanctuaire, c’est entrevoir toute la richesse du patrimoine spirituel vietnamien, où l’hindouisme, le bouddhisme et l’animisme se mêlent en un syncrétisme harmonieux et coloré.

O comme offrande

Au cœur de la vie spirituelle des Vietnamiens, les offrandes sont un acte de dévotion essentiel, témoignage de respect et de gratitude envers les ancêtres, les divinités et les génies tutélaires. Sur les autels domestiques comme dans les temples, les fidèles déposent avec ferveur des présents choisis avec soin, reflets de leur piété et de leur générosité. Bâtonnets d’encens dont les volutes parfumées portent les prières vers les cieux, fleurs éclatantes symboles de pureté, fruits gorgés de soleil évoquant l’abondance, mais aussi mets raffinés, alcools et friandises, rien n’est trop beau pour honorer les entités vénérées. Certains vont jusqu’à offrir de petites coupures de monnaie factice, afin que les esprits ne manquent de rien dans l’au-delà. Au-delà de leur dimension matérielle, ces offrandes sont porteuses d’une charge émotionnelle et spirituelle intense. Elles sont le vecteur privilégié d’un dialogue intime entre le monde des vivants et celui des invisibles, un trait d’union entre passé et présent, une main tendue vers les forces qui gouvernent l’univers. S’attarder devant un autel croulant sous les offrandes, c’est entrevoir toute la ferveur et la poésie de la spiritualité vietnamienne, où chaque geste, chaque objet, devient porteur d’une signification profonde, reflet d’une relation vivante et vibrante avec le sacré.

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